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Michel Dabène


Membre honoraire

Titres :

Ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure de Saint-Cloud, aujourd’hui Ecole Normale Supérieure des Lettres et Sciences humaines (Lyon)
Agrégé de Lettres Modernes
Docteur ès Lettres et sciences humaines en linguistique et didactique du français
Président d’honneur de l’Association Internationale de recherche en didactique du français

Postes et fonctions :

  • 1965-1973 : Assistant puis Maître-assistant à L’ENS de Saint-Cloud
    Directeur du Centre de recherche et de diffusion du français (CREDIF)
  • 1973- 1997 : Maître de Conférences puis Professeur à l’Université Stendhal - Grenoble III
    Responsable du Centre de Didactique du français et du Centre Universitaire de formation des enseignants et formateurs (CUFOREF)
    Membre co-fondateur du Laboratoire LIDILEM
  • 1986-1992 : Président fondateur de l’Association internationale pour le développement de la recherche en didactique du français langue maternelle (DFLM), devenue en 2004 Association internationale pour la recherche en didactique du français (AIRDF)
  • 1997 - : Professeur émérite de l’Université Stendhal-Grenoble III


Distinctions honorifiques :

Officier dans l’ordre des Palmes Académiques

Itinéraire de recherche

A la sortie de l’ENS de Saint-Cloud et de l’Agrégation de Lettres Modernes (1960), une première étape de mon itinéraire de recherche s’est déroulée au CREDIF (Centre de recherche et d’études pour la diffusion du français), laboratoire de recherche de l’ENS de Saint-Cloud. Cette période (1965-1973) a été marquée par une formation à la recherche dans le domaine de la linguistique appliquée et par des activités de recherche-action tournées vers l’élaboration et la diffusion de nouvelles méthodologies pour l’enseignement du français, langue étrangère, et la formation des enseignants de FLE. Il en est ressorti une première ébauche de la constitution d’un modèle de la didactique du français (Dabène 1972) et une première tentative de transfert vers la didactique du français, langue maternelle, plus particulièrement dans le domaine de l’écrit, notamment à l’occasion de rencontres avec le monde du travail (régie Renault) et avec la demande sociale en matière d’écriture.
C’est à partir de 1973, date de ma nomination à l’Université de Grenoble III , que mes orientations de recherche se sont précisées, grâce notamment aux problèmes posés, en formation continue des adultes, par la demande de perfectionnement en expression écrite. Mes recherches se sont déroulées alors dans une double orientation, grâce à la création , sur mon initiative, du premier Centre Universitaire de recherche en didactique (le Centre de Didactique du Français, CDF, créé en 1974 à Grenoble III), et de ma participation à la création, en 1987, du Laboratoire de didactique et linguistique des langues étrangères et maternelles (LIDILEM) :
  • orientation épistémologique, concrétisée par mes apports à la construction des modèles de la didactique du français, langue maternelle (voir bibliographie) comme discipline autonome, notamment par rapport aux sciences du langage, et interactive, à la fois lieu d’interface entre la problématisation de l’enseignement-apprentissage de la langue et les savoirs disponibles, et lieu d’élaboration de savoirs finalisés nouveaux, susceptibles de transformer les contenus d’enseignement-apprentissage.
  • recherches sur l’écrit et l’ordre scriptural dans une perspective que je pourrais qualifier, a posteriori, de socio-pragmatique. Ces recherches ont d’abord consisté à analyser, par des démarches empiriques de recueil de données, les représentations et les pratiques sociales de l’écrit, et ont abouti, dans un premier temps, à ma thèse d’État ("Écriture et lecture chez l’adulte : approche empirique de la compétence scripturale" 1985).
Ces deux orientations de recherche étaient et restent intimement liées du fait d’une certaine conception du champ de la didactique d’une langue maternelle. Mes travaux sur l’ordre scriptural (voir plus bas) m’ont progressivement amené à construire le modèle d’une didactique élargie, prenant en compte les représentations et les pratiques sociales de l’écrit, présentes dans la situation d’enseignement-apprentissage à travers les acteurs sociaux que sont enseignants et élèves et à définir des approches de l’écrit susceptibles de favoriser l’acculturation scripturale des apprenants. Cette orientation allait dans le sens de la construction d’une socio-didactique.
Dans le domaine de l’écrit, les savoirs disponibles sont encore fortement marqués par une tradition normative et "littéraire", peu soucieuse des représentations et des pratiques sociales et peu susceptible de répondre aux besoins sociaux d’enseignement-apprentissage.
Je me suis donc attaché, en m’intéressant d’abord aux "écrits ordinaires", à construire une théorie de l’écriture conçue comme une activité relevant d’un ordre langagier spécifique, l’ordre scriptural, dont la compétence s’acquiert au prix d’une acculturation à des modes spécifiques d’expression et d’interaction. Une première ébauche de cette théorie se trouve dans ma thèse ainsi que les résultats des différentes enquêtes de terrain qui l’ont fondée (analyses des discours de représentation sur l’écriture, analyses de pratiques ordinaires de l’écrit telles que déclarations d’accident, analyses des systèmes d’évaluation de l’écrit mis en œuvre par le lecteur ordinaire, etc. cf. bibliographie).
Par la suite, j’ai été amené à approfondir ces premières approches, toujours dans une perspective didactique, avec, comme objectif, le souci de construire des savoirs susceptibles de se traduire en objets d’enseignement-apprentissage. C’est ainsi que j’ai avancé quelques notions, empiriquement et théoriquement construites, que je résume rapidement ici :

    la rupture épistémologique entre l’oral et le scriptural en tant qu’ordres langagiers antinomiques, à distinguer du parlé et de l’écrit, en tant que codes et canaux.

  • l’existence, dans l’ordre scriptural :
    d’un continuum fondé sur l’invariant du "geste" de l’écriture qui ne ressortit pas d’un usage ordinaire du langage - d’où la remise en question de ma notion d’écrit "ordinaire" qui confond situations de production (elles peuvent être "ordinaires") et ordre langagier du scriptural où tout écrit, quel qu’il soit , est, en fait, (extra)ordinaire.
    et d’axes de variations qui rendent compte de la diversité des écrits (matérialité, visée pragmatique, types d’interactions scripteur-lecteur, etc. - Dabène 1991)
  • Ces notions rendent caduque la coupure traditionnelle entre le "littéraire" et ce qui ne l’est pas (les écrits dits sociaux, fonctionnels, utilitaires) et permettent de dépasser la vision normative et réductrice de l’écriture assimilée à la littérature.
  • cette déconstruction est d’autant plus nécessaire, sur le plan didactique, qu’elle vise une représentation fortement ancrée sur le plan social et génératrice de ce que j’ai appelé "l’insécurité scripturale" : l’analyse des discours du sens commun sur l’écriture, croisée avec l’analyse des pratiques, fait apparaître des tensions et des contradictions entre des pôles positifs (maîtrise du temps de production, préservation du territoire, etc.) et des pôles négatifs (non maîtrise de la réception, exposition au jugement d’autrui, etc.) qui s’ajoutent à la représentation dominante de l’écriture comme domaine "réservé", elle-même souvent contradictoire avec des pratiques qui peuvent être fréquentes et diversifiées sans être reconnues comme véritablement des pratiques d’écriture.
  • plus récemment, j’ai abordé le pôle de la réception des écrits, considéré comme l’autre versant de l’ordre scriptural, en m’attachant à redéfinir la notion "d’interaction scripturale" et à analyser les processus de "co-construction du sens" dans la relation scripteur-lecteur médiatisée par le texte considéré comme unité discursive relevant de "genres" historiquement et socialement construits.


Mes recherches se sont alors orientées, en milieu scolaire et universitaire, vers l’analyse des variables qui interviennent dans la construction du sens chez les lecteurs ordinaires (représentations de l’écrit, types d’activités inférentielles, etc.), sur les variations intra et interindividuelles de la compréhension et sur la place du scriptural dans les habitus socio-culturels des élèves à différents niveaux de la scolarité.
Plus récemment encore, et sous l’influence des orientations de la didactique des langues remettant en question la notion même de langue maternelle et s’intéressant aux phénomènes de plurilinguisme, je me suis attaché d’une part, à prendre en compte, dans la didactique de la langue de l’école, les rapports qu’elle entretient forcément avec l’existence manifeste ou latente de la diversité langagière ; et, d’autre part, de construire un modèle de la didactique du français fondé sur un continuum de situations d’enseignement-apprentissage remettant en question l’opposition classique entre « français, langue étrangère », « français, langue seconde » et « français langue maternelle ».

Coordonnées personnelles

Mail : michel.dabene@wanadoo.fr

Publications

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1992

1991

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1985

1982

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