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Catherine Frier


Maître de conférences HDR

Responsabilités administratives et scientifiques

  • Direction du CUFOREF (Centre Universitaire de Formation d’Enseignants et de Formateurs), Service Commun de l’Université Stendhal de 1995 à 1998.
  • Membre de la commission de spécialistes 7/ 70 1998/1999. Membre de la commission de spécialistes 7/70 2010/2011
  • <h2Responsabilités pédagogiques

  • Responsable pédagogique des options ENS (module de préprofessionnalisation aux métiers de l’enseignement) au Bureau des Métiers de l’Enseignement de 1999 à 2005.
  • Contribution de la recherche au cours des six dernières années

    Le champ de recherche est celui de la didactique de l’écrit en Français langue maternelle. Il s’inscrit donc dans le programme trois de l’axe quatre du plan quadriennal du laboratoire Lidilem. Le travail mené consiste en une exploration, au moyen d’outils linguistiques, de la compétence scripturale, du rapport à l’écrit et des pratiques langagières de lecture-écriture des usagers en contexte scolaire ou extra- scolaire. Ce travail de description/analyse donne lieu à la formulation d’hypothèses didactiques susceptibles de nourrir l’action sur le terrain. La perspective didactique retenue est centrée sur le sujet apprenant.

    4 axes de recherche sont particulièrement développés :

    1) Entrée dans l’écrit / littératie émergente/ didactique de la lecture : travail portant sur les pratiques de médiation au livre en milieu familiale, scolaire et périscolaire/accompagnement à la lecture en début ou en cours d’apprentissage. La démarche méthodologique inspirée de l’ethnographie (enregistrements/analyse de moments de lecture partagée en milieu familial) permet de mieux comprendre les « contextes » favorables à l’entrée en lecture et de mettre en évidence l’importante des interactions langagières autour du livre. (Voir dans "publications" l’ouvrage "Passeurs de lecture", fruit de ce travail).

    2) Rapport à l’écrit des adolescents/exclusion scolaire : ce travail a été réalisé entre 2006 et 2009 dans le cadre d’une recherche intitulée : « Formes langagières et sélection scolaire : le rapport aux écrits des disciplines au collège et au lycée chez les 15-18 ans ». Cette recherche répond à l’une des préoccupations prioritaires du schéma régional d’enseignement supérieur et de la recherche (SRESR) de la Région Rhônes-Alpes (cluster 12 : Exclusions sociales et scolaires) et vise à décrire et à analyser les caractéristiques des formes langagières propres à chaque discipline dans le but de mieux comprendre les mécanismes de sélection et d’exclusion scolaire.
    Le travail mené depuis 4 ans par l’équipe a donné lieu à un recueil de données important portant sur des terrains d’enquête différents :
    - une classe de Segpa (Section d’enseignement général et professionnel adapté) : orientation dans le sens d’une exclusion du cursus général ;
    - deux classes de 3ème de collège (représentative de l’hétérogénéité des classes et échantillon de référence) : cursus général avant toute orientation ;
    - au lycée professionnel : une classe de BEP bureautique (élèves issus de Segpa ; orientation non choisie) + deux classes de CAP 1/ CAP 2
    - une classe du CLEPT (Collège et lycée élitaire pour tous) : tentative (choisie) de réintégration au niveau lycée après une exclusion.

    Ce travail permet de se faire une idée plus précise à la fois des modalités du lire- écrire en classe dans les différentes disciplines, des représentations mais également des compétences des élèves en fin de scolarité obligatoire dans le domaine de la langue écrite. Il permet également de mieux comprendre de quelle manière les activités d’écriture des élèves sont accompagnées/étayées au collège et en lycée professionnel et de resituer les enjeux de la médiation à l’écriture dans la perspective de la problématique de l’exclusion scolaire. Il permet enfin d’envisager, d’un point de vue didactique, les besoins en termes de formation des enseignants dans le domaine de la langue écrite.

    Au terme de ce travail, trois directions nous paraissent prioritaires en matière de formation d’enseignants :

    - l’évaluation des écrits d’élèves : il s’agirait d’envisager l’évaluation des écrits d’élèves de façon différente : de nombreux besoins sont perceptibles à ce niveau. L’objectif premier serait de donner aux enseignants, en plus des outils de diagnostic permettant de repérer les manques des élèves d’un point de vue normatif, des outils pour appréhender différemment les productions d’élèves en prenant conscience des compétences trop souvent ignorées en contexte scolaire. Cette posture de l’évaluateur qui prend en compte, au-delà de l’élève, le sujet scripteur, est encore minoritaire. Elle serait susceptible de valoriser les acquis de l’élève et de lutter contre l’insécurité scripturale en lui permettant de se lancer dans l’écriture.

    - L’accompagnement à l’écriture : au vu de nos résultats, il apparaît que la production écrite en tant que telle est peu travaillée dans les classes où le « chantier d’écriture » est peu présent. Les besoins sont donc également nombreux à ce niveau. L’écriture accompagnée peut se définir comme un ensemble de pratiques coopératives articulant dire, lire, réécrire, un espace d’entraînement collaboratif à l’écriture, où l’accent est mis sur le processus d’écriture. La production écrite dans ce contexte donne lieu à des gestes d’étayage précis qui permettent de prendre en compte les dimensions matérielles et temporelles de l’écriture et favorise l’engagement des élèves dans l’activité et l’épaississement des textes (Maurel, Fabre-Cols 2001).

    - Un dispositif d’accompagnement à la production écrite de la maternelle à l’Université.
    Ce travail nous a donné l’occasion de mettre en évidence l’importance et la nécessité des « gestes d’étayage » de l’écriture dans l’enseignement secondaire et les manques dans ce domaine. Il nous a par conséquent incités à entreprendre une expérimentation de l’écriture accompagnée à travers la mise en place d’ateliers dans différentes classes (CAP et seconde générale). Cette expérimentation a débuté grâce à la collaboration active des enseignants sur le terrain et des étudiants de master et constitue l’ébauche d’un projet qui pourrait être mené à terme dans le cadre d’une nouvelle recherche au sein du cluster 12.

    Ce projet se donne pour objectif de concevoir un accompagnement à l’écriture ad hoc dans les classes des différents niveaux de la maternelle à l’université. Plus précisément il s’agirait de travailler dans un rapport de complémentarité les différents volets de la compétence scritpturale (pôle des savoirs linguistiques, métalinguistiques et métascripturaux) et l’engagement du scripteur.

    3) Pratiques de l’écrit comme outil d’appropriation des connaissances dans l’enseignement supérieur.
    Depuis trois ans un dispositif est expérimenté dans le cadre du cours de Pratext en première année de Licence Sciences du langage à l’université Stendhal et vise l’appropriation de savoirs théoriques par le biais de l’activité scripturale (atelier de lecture/écriture). Le travail proposé amène les étudiants à construire des connaissances théoriques dans leur domaine disciplinaire dans et par l’écrit, la finalisation du travail prenant la forme originale d’une fiction scientifique, réalisée dans le cadre d’un atelier d’écriture. Cette démarche se fonde sur l’hypothèse suivante : pour s’approprier un savoir il faut l’apprivoiser, et pour cela le faire entrer en résonance avec sa propre histoire. L’écrit produit dans le cadre du dispositif est par conséquent susceptible de favoriser cette articulation entre « singulier » (pôle de la subjectivité) et « générique » (pôle de l’objectivité scientifique), en reliant des espaces habituellement coupés de façon hermétique dans le cadre des apprentissages scolaires. L’évaluation de la démarche permet d’explorer des pistes didactiques inédites, de révéler et de mettre en valeur des compétences scripturales souvent ignorées chez les étudiants. Cette expérience a donné lieu à une recherche dont les premiers résultats ont été publiés (Frier, Chartier, 2010) et seront présentés en septembre 2010 au colloque « littéracies universitaires : savoirs, écrits, disciplines » de Lille.

    4) Accompagnement à la scolarité et lutte contre l’échec scolaire
    Le dernier chantier de recherche a été ouvert en février 2010. Il s’inscrit dans le projet « Université citoyenne et solidaires » financé par la région. Ce projet est porté par le service de formation continue de l’Université Stendhal. Il vise à explorer le champ de l’accompagnement à la scolarité dans l’agglomération grenobloise.
    Il s’agit de proposer aux acteurs de l’accompagnement à la scolarité (coordinateurs et accompagnateurs) un socle commun de références. Le repérage, la mutualisation et l’échange de pratiques, l’explicitation des compétences et la formation des acteurs sont les moyens envisagés pour atteindre cet objectif. Plus largement, c’est l’optimisation de la qualité des actions socio-éducatives menées par les intervenants auprès des enfants et des jeunes qui est visée.
    Les résultats attendus au terme du projet sont les suivants :

    La production d’un rapport et l’organisation de rencontres pour :
    -  expliciter le champ d’intervention et le positionnement de chacun des acteurs de l’accompagnement scolaire (par rapport aux familles, aux écoles, aux politiques …) au niveau du territoire ;
    -  référencer les pratiques de formation à destination des intervenants (accompagnateurs et coordinateurs) au sein des structures socio-éducatives partenaires, dans le but de mutualiser celles qui sont les plus pertinentes ;
    -  identifier les prestataires de formation en lien avec l’accompagnement scolaire au niveau territorial et éventuellement régional.
    -  Impulser et animer une dynamique de réseau

    Afin de pérenniser le projet et la dynamique de réseau, des séminaires réguliers traitant des enjeux de l’accompagnement scolaire pourront être envisagés à long terme. Par ailleurs, la création d’une plate forme permettant le partage de ressources pédagogiques constitue une perspective possible du projet.

    La construction d’un référentiel de compétences à partir d’une analyse de l’activité du secteur de l’accompagnement scolaire, dans le but de construire un socle commun de références ;

    L’expérimentation d’une action de formation destinée aux coordinateurs et aux accompagnateurs scolaires dans une logique de recherche-action qui pourra donner lieu, à terme, à la création d’une formation diplômante et professionnalisante reconnue.

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    Coordonnées personnelles

    Mail : catherine.frier@u-grenoble3.fr

    Publications

    2015

    2012

    2011

    2010

    2007

    2006


    • Passeurs de lecture : Lire ensemble à la maison et à l'école. Passeurs de lecture : Lire ensemble à la maison et à l'école. (C. Frier, éD.). Paris: Retz.
      Résumé : Comment les enfants " non lecteurs " deviennent-ils utilisateurs courants de l'écrit sous toutes ses formes, et en particulier du livre ? Est-on en mesure de décrire avec précision les étapes de ce passage qu'est l'" entrée en lecture " ? Quelles places occupent respectivement l'école, la famille, les adultes, les autres enfants dans cet accompagnement de longue haleine ? C'est à ces questions que le présent ouvrage entend répondre en mobilisant diverses contributions de chercheurs. Dans une perspective ethnographique, il s'agit de rendre compte du processus de " passage " qui amène progressivement l'enfant sur les rives du livre et de la culture écrite, d'en décrire et d'en analyser les enjeux comme les modalités précises. Les deux principaux lieux de socialisation de la lecture, la famille et l'école, font l'objet d'une étude particulière quant au rôle et aux manières de faire des différents " passeurs de lecture ". En s'intéressant aux paroles échangées autour du livre et aux gestes quotidiens de médiation effectués en milieu familial et à l'école, les contributeurs concluent à la nécessité d'une action coordonnée de tous les acteurs de cette médiation pour une pleine réussite de l'entrée en lecture des enfants. En effet, tout semble se jouer dans la qualité, la régularité, la continuité et l'authenticité de la médiation qui s'établit jour après jour, à la maison et à l'école, entre passeurs de lecture et graines de lecteurs. En croisant résultats de la recherche, Instructions officielles et pratiques de terrain, cet ouvrage apporte un éclairage nouveau à tous ceux qui souhaitent comprendre en quoi consiste cette médiation, pourquoi elle est indispensable et comment elle permet progressivement à l'enfant de se construire en tant que sujet dans la communauté des lecteurs. Il parle des chemins qui mènent vers le livre. Il parle de l'enfance. C'est pourquoi il concerne chacun d'entre nous.

    2005

    2002

    1998

    1994

    1989

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