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Programme 2 – Approches plurilingues et apprentissages situés (APAS)

 

Resp. : C. Degache (PR), D. Lee-Simon (MCF HDR)

Ce programme regroupe les programmes « Transmission intergénérationnelle du bi-plurilinguisme et développement de compétences plurilingues » de l’axe 2 et « Intercompréhension et parenté linguistique » de l’axe 3 du quinquennal précédent et rassemble ainsi les recherches menées autour des approches plurielles (éveil aux langues, intercompréhension en langues voisines et approche interculturelle) tout en élargissant son champ d’action à d’autres initiatives relevant de la didactique du plurilinguisme.

Nous considérons en effet que, dès que le contexte social plurilingue de la situation d’enseignement / apprentissage, le répertoire plurilingue de l’apprenant, le caractère multilingue d’un dispositif, ou encore la variation inhérente à la ou les langue(s) cible(s), est concerné par une action de recherche ou d’ingénierie, celle-ci peut être considérée comme relevant des « approches plurilingues ». Et cette désignation permet aussi de souligner l’ancrage linguistique du programme, notamment parce qu’une part importante des travaux qui y sont conduits consiste soit à analyser de manière contrastive des langues d’une même famille dans une perspective d’apprentissage, soit à observer le fonctionnement et les effets de l’activité métalinguistique.

La désignation d’« apprentissages situés » renvoie pour sa part aux appropriations s’inscrivant dans des environnements physiques, numériques ou mixtes qui prêtent attention aux besoins ou attentes d’appropriation langagière d’élèves scolarisés, d’étudiants, d’adultes, de professionnels, entendants ou sourds. Des environnements où les connaissances et les compétences sont développées dans l’action et à partir de l’action à travers une mise en situation accompagnée.
Avec cette désignation d’ « apprentissage situés »,il s’agit aussi de souligner l’importance accordée à la dimension sociolinguistique, dans la prise en compte des biographies langagières et des éléments contextuels et dans les scénarisations didactiques des contacts de langues et de cultures documentés par divers corpus de pratiques plurilingues.

Le programme s’organise autour de 5 lignes de recherche :

1. Poursuivre les recherches en didactique du plurilinguisme dans une perspective d’ouverture pluridisciplinaire à l’articulation entre éducation, soins –grâce aux contacts et collaborations développés avec des acteurs de domaines comme l’ethnopsychiatrie transculturelle (équipe de MR Moro INSERM 669), mais aussi des psychologues cliniciennes, pédo-psychiatres, psycho-pédagogues, psychanalystes –et sciences du langage pour répondre aux besoins spécifiques en éducation. L’ouverture de la discipline didactique à d’autres domaines permet un enrichissement des cadres de réflexion, de recherche et d’action dans une visée sociale et sociétale, comme le montre l’ouvrage récent intitulé Accueillir l’enfant et ses langues : Rencontres pluridisciplinaires sur le terrain de l’école (Simon, Dompmartin, Galligani, Maire Sandoz, 2015). Les actions suivantes seront développées :
- innovation collaborative sur le terrain scolaire en réponse aux demandes des acteurs confrontés à la prégnance des contextes plurilingues. Celles-ci invitent à l’intervention didactique mobilisant des démarches plurielles de type éveil aux langues. Les recherches essentiellement qualitatives œuvrent à l’évolution des représentations des acteurs dans la perspective d’une éducation plurilingue et interculturelle inclusive avec des retombées pour la communauté scolaire et la société
- sur les biographies langagières de différents acteurs du système éducatif (enseignants apprenants et personnel éducatif) –une extension de travaux menés depuis 2009 grâce aux contacts avec le « Groupe de recherche sur les Biographies Langagières » autour de T. Jeanneret et R. Baroni à l’Université de Lausanne. Levier pour une didactique du plurilinguisme, les biographies langagières sont étudiées comme travail sur soi et sa pluralité, catalyseur pour l’évolution des représentations ; comme ressource pour enseigner et apprendre ; comme tremplin pour le développement de compétences plurilingues et pluriculturelles ; comme démarche didactique plurielle favorisant l’appropriation langagière et l’expansion du répertoire du sujet ;
- sur les places et les interactions entre oralités vocales et gestuelles.

2. Bâtir les approches plurilingues sur des fondations linguistico-cognitives solides (en collaboration avec des travaux des axes 1 et 2 du Lidilem)
- analyses contrastives des langues ciblées ;
- fonctionnement et effets de l’activité métalinguistique spontanée, induite ou sollicitée ;
- développement des compétences plurilingues tout au long de la vie (référentiel, protocoles d’évaluation formative, diagnostic…)

3. Analyser et tirer parti des interactions bi-plurilingues dans différents environnements et dispositifs (non-formels et informels, physiques et numériques) à partir de corpus situés (en relation à un scénario, à un environnement, à des modalités d’utilisation)
- effets de la pédagogisation des alternances de langues ;
- identité et altérité, identité plurielle, la culture comme excuse ou sujet à reproche ou enjeux de la qualification d’appartenance : repérage de ses manifestations sur un mode ludique ou sérieux dans les échanges ordinaires, les interactions didactiques, les discours d’enseignants et d’apprenants, les publications. Les corpus constitués seront soumis à une analyse du discours, notamment pour observer les effets de l’assignation par la pragmatique interculturelle et à une auto-confrontation afin d’observer les effets psychologiques de l’introspection sur ce sujet) ;
- relations entre interactions et appropriation plurilingue.

4. Contribuer à la conception et à l’expérimentation située de dispositifs, scénarios et outils
- pour l’intercompréhension en réseau et en télécollaboration (projet européen MIRIADI),en collaboration avec l’Université Lyon 2 (CRTT), pour apprenants et pour la formation de formateurs à la didactique de l’intercompréhension ;
- pour l’amélioration de l’existant par la production et la mise en œuvre de solutions selon une approche incrémentielle itérative de la conception et du développement en prenant appui sur l’évaluation régulatrice et le maquettage/prototypage (recherche-développement IDEFI Innovalangues) ;
- action-formation en lien avec la formation de formateurs et enseignants aux approches plurielles. Celles-ci s’appuient sur les résultats de recherches antérieures réinvesties dans la conception des dispositifs de formation soumis à évaluation par la recherche qui nourrissent par la suite les contenus de formations destinées à répondre aux besoins d’enseignants en formation initiale et continue et à informer la conception de programmes et curricula. Collaborations avec l’Université Paris 3 et l’IFE-ENS Lyon ;
- pour l’écriture créative en FLE pour adultes en milieu universitaire. Une journée d’étude organisée par C. Dompmartin à l’Université Stendhal : Plurilinguisme et écriture créative dans l’enseignement des langues à l’université : Pratiques et Réflexions, le 22 mai 2015, impulsera [ndr : a impulsé] cette nouvelle voie. [publi en cours, extension dans le cadre du projet DIPLUFOR, soumis à candidature]

5. Observer la diffusion de l’innovation autour des approches plurilingues :
- évolution des représentations de différents publics (apprenants, formés, formateurs, proches, grand public…) ;
- analyses des usages et études d’impact (des dispositifs et outils conçus et réalisés dans des projets antérieurs ou au cours de ce même quinquennal) dans la communauté éducative et au-delà ; analyse et formalisation de l’existant (du terrain et état de l’art – IDEFI Innovalangues et projet MIRIADI).