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Journée Lidilem sur les "Normes"

 

Le 23 juin 2006 s’est déroulé le séminaire annuel du laboratoire LIDILEM, organisé par Françoise Boch et Catherine Brissaud, consacré à la notion de « normes ».

Jean-Christophe Pellat

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La norme morphologique et la variation de l’usage graphique au XVIIe siècle

La norme orthographique a été fixée tardivement en France, au début du XIXe siècle. Au XVIIe siècle, alors que la norme du français se met en place dans les autres domaines de la langue, les usages graphiques connaissent une variation importante, qui n’est pas vraiment aléatoire : en l’absence d’une norme établie sur la base d’un consensus, les variations observées s’expliquent, du XVIe au XVIIIe siècle, par la concurrence entre deux traditions historiques, "l’orthographe ancienne" et "l’orthographe moderne", dont les spécialistes de la langue, grammairiens et écrivains, avaient conscience. Cette concurrence se manifeste, au XVIIe siècle, dans des lieux de variation précis, parmi lesquels nous retenons la dimension morphographique : pluriels des noms et des adjectifs en –ant et –ent (enfant, content), pluriels verbaux et nominaux en [e] (venez, beautés), formes verbales de la première personne du singulier du présent de l’indicatif (je prends, fais, finis) et de la deuxième personne du singulier de l’impératif présent (fais, vois, tiens) et accord du participé passé employé avec avoir. Nous examinerons les hésitations de la norme officielle du français classique, en la confrontant aux usages des manuscrits et des imprimés des écrivains classiques, pour évaluer le décalage entre l’usage graphique réel et les préceptes officiels, notamment de l’Académie française, l’usage pouvant se révéler plus cohérent que les avis officiels.

Benoit Habert

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Texte de l’intervention

Normes et règles à l’oeuvre : quelles nouvelles "prises" ?

La possibilité de constituer et d’interroger des corpus multiples et variés pose la question de l’articulation entre les règles qui découlent de l’analyse linguistique et les régularités et irrégularités constatées dans ces corpus. Par ailleurs, il est aujourd’hui possible d’annoter automatiquement les corpus, c’est-à-dire de leur adjoindre des informations relevant de différents niveaux de l’analyse linguistique : étiquettes morpho-syntaxiques, lemmes, dépendances syntaxiques, etc. Ces annotations multiples donnent un accès renouvelé à certaines normes à l’oeuvre dans les données langagières, comme les genres discursifs.

Nicole Dubois

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Normativité et valeur sociale : son application dans le recrutement

Nous commencerons par préciser ce que l’on entend par norme sociale, plus précisément par norme sociale de jugement en nous centrant sur la norme d’internalité. Nous présenterons quelques résultats de recherches attestant de l’impact de la normativité (en l’occurrence de l’internalité) sur les jugements, notamment dans le recrutement. Dans le but de comprendre les raisons pour lesquelles les personnes avançant des jugements normatifs sont mieux évaluées que celles avançant des jugements contre normatifs, nous présenterons les deux types de valeurs sociales sur lesquelles repose la normativité des jugements, à savoir : l’utilité sociale et la désirabilité sociale. Nous présenterons quelques résultats de recherches récentes attestant du bien-fondé de la conception qui ancre la normativité dans l’un ou l’autre de ces deux types de valeurs sociales.

Pascal Bressoux

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L’influence de la norme d’internalité sur le jugement des enseignants

Il s’agira de montrer en quoi et dans quelle mesure le jugement que les enseignants portent sur la valeur scolaire de leurs élèves peut être influencé par des normes sociales générales, qui débordent largement le cadre scolaire. Les études empiriques présentées prennent comme objet une norme sociale de jugement particulière : la norme d’internalité. Nous montrerons que le jugement des enseignants est sensible à l’expression de cette norme chez leurs élèves. On discutera aussi du fait de savoir si l’expression de cette norme, de la part des élèves, est constante ou liée aux sollicitations de l’environnement.