|Site de l'université Grenoble Alpes|
 

Notes du séminaire étudiant (26 avril 2018)

 

Vous trouverez sur cette page les notes prises pendant le séminaire des doctorants du 26 avril 2018.

Présentations :

Aurélie MARISCALCHI : actuellement professeur de FLE à Actualis (Versailles)
titre du mémoire : “L’enseignement du FLS avec l’approche Silent Way”
encadré par Gilles Forlot, INALCO

Mémoire :
PDF - 3.7 Mo
Mariscalchi_MemoireM2
PPT :
PDF - 1.1 Mo
Mariscalchi_PresentationMemoireM2

Noreen LE PAGE : Deuxième année de Thèse avec Diana Lee Simon et Émilie Magnat.

Aurélie :

Présentation de son mémoire de Master 2.

SW : Peut-il favoriser l’apprentissage de la langue et de la lecture ? En quoi consiste cette approche ? Analyser la multimodalité de cette approche.
Public : migrants peu ou pas alphabétisés, 16 à 22 ans, niveaux hétérogènes (oral A1-B1)
Objectif : améliorer ses pratiques lectures et d’écriture
Observation de classe à Actualis.

Qu’est-ce qu’on fait dans ces classes de SW ? (sans manuel, sans progression préétablie)
Pas d’unité didactiques clairement établies.
Feedbacks des apprenants à la fin de chaque séances (qu’est-ce qui a été acquis ? qu’est-ce que l’apprenant a retenu ?)
Feedbacks de l’enseignant en retour.

Matériel utilisé par le prof :
- Tableau des sons
- Fidel
- Tableau des mots
- réglettes

Grille d’observation.

Création d’une typologie des pratiques multimodales :
- représentation des mots sans les écrire, pour travailler dessus (phono, proso, syntaxe…)
- mimes de l’enseignant pour représenter un son sans le prononcer, symboliser les battements (prosodie) avec les poings, découpage syllabique/phonémique avec les doigts
- représentation des phonèmes en couleurs
- tableaux de mots : prises de conscience grapho-phoniques
- représentation du rythme par des flèches sur des mots ou syllabes symbolisées par des traits
- réglettes pour créer des situations, pour travailler sur des points spécifiques de la langue

Les gestes de l’enseignant et le pointage apportent une bonne dynamique de classe. Les apprenants sont captés par les gestes. Possibilité de vraiment prendre conscience de ce qu’on fait, comment on utilise notre corps pour produire un son par exemple.
Les gestes aident aussi à la mémorisation.

Le rôle de la couleur : se détacher de la graphie (qui perturbe et complexifie)

Pas de grammaire explicite. Pas de métalangage. Pour des personnes peu ou non-alphabétisées, l’explicitation de la grammaire est une grande difficulté supplémentaire.
Tout ce travail en amont sur les sons et les mots sans les représenter graphiquement facilite grandement l’entrée dans l’écrit.

« Approche humaniste de la langue » (Berchoud, 2008)

Mes résultats conduisent à beaucoup d’hypothèses.
Le fait de faire ce que je dis ou de dire ce que je fais permet de retenir plus facilement.
Faire une action en même temps que d’en parler permet de l’ancrer plus profondément dans la mémoire (Selon présentation de Mathieu Hainselin au Séminaire d’Amiens, « Multimodalité et encodage en mémoire, implications pour la didactique des langues », juin 2016 http://calenda.org/365979)

La théorie du double codage (Allan Paivio, 1969) : si on a une image qui accompagne un mot nouveau, la mémorisation du mot est plus effective.
SW > triple ou quadruple encodage (couleur, espace, geste, son )

SW : Mouvement. On se déplace dans la classe, on pointe, on incorpore le mouvement dans l’apprentissage.

Retours réflexifs :
- malheureusement pas de vidéo de l’observation des classes
- quelques incohérences terminologiques dans le mémoire
- beaucoup de questions sans réponse : Est-ce que ce type d’approche sera plus efficace qu’une autre ? (méthode traditionnelle (assis, derrière une table, manuel). Il faudrait faire une expérience comparative (deux enseignements parallèles). Voir ce qui reste en mémoire sur le long terme après la formation. Concrètement qu’est-ce qui se passe dans le cerveau pendant l’apprentissage ? Et en particulier pendant l’apprentissage en SW. Parfois les gens sont très réticents à ce type d’approche, notamment les adultes… comment faire ?
Quid des personnes en situation de handicap ? Est-ce que l’encodage multiple ne constitue pas une difficulté supplémentaire ?

QUESTIONS :

Enseignant : si les apprenants sont réticents, n’arrivent pas > c’est qu’ils ne sont pas prêts, il ne faut donc pas les forcer, on doit attendre le moment.
Peu de réticence de la part des étudiants.

Pour limiter sa subjectivité et atteindre un meilleur degré de compréhension des phénomènes, Il faut maintenant procéder à des observations à plusieurs, en recoupant les regards (qui peuvent être des universitaires comme des praticiens).

Questions sppl. Public en situation de handicap.

Noreen :

Public : CM1, apprentissage de l’anglais
Outil : Kinéphones
Expérimentation vient de se terminer il y a 1 semaine.
Durée expé : 20 semaines avec 2x45min par semaine.
Kinéphones : Projet Exploratoire premier soutien, porté par Jean-Marc Colletta
Inspiré du SW
Étude exploratoire / sentiment efficacité personnelle des enseignants (Le Page, 2015)
Développement d’un prototype d’extension de Kinéphones sur tablette : KP
- écrire en rectangles à partir d’un mot
- écrire en couleurs à partir d’un mot >>quel lexique phonétisé ??
- jeu de cartes virtuel (couleurs avec un meilleur rendu)

Prototype Kinéphones fonctionne très mal sur tablette.

Comment la multimodalité permet de développer la conscience phonologique ?
Double codage en mémoire
Synesthésie par l’association « graphème-couleur » (Zadeh, 2009)
Apprentissage multimédia (Mayer)
“effet de modalité » (chanquoy, Tricot et Sweller, 2007)
Matérialisation d’entités abstraites et interaction (Petitgirard,1999)(Magnat, 2013)
Manipulation virtuelle > favorise l’attention des élèves (XXXX)

kinéphones = béquille numérique et multimodalité
Enseignants :
> Permet aux enseignants d’être plus à l’aise en prononciation, et ainsi parler en sécurité
> diminution de l’insécurité linguistique
> augmentation du sentiment d’efficacité personnelle

Apprenants :
> modèle de prononciation
> utilisation des couleurs comme intermédiaire

Comment KP peut favoriser l’entrée dans le code écrit en anglais L2 à l’école primaire ?
Hypothèse 1 : en développant le répertoire phonémique en anglais des apprenants, KP permet de limiter le phénomène de considération de la L2 comme extension de la langue maternelle
Hypothèse 2 : l’association phonème/couleur joue le rôle d’intermédiaire pour oraliser en anglais
Hyp3 : extension « écriture en couleurs » permet de prendre conscience de la relation phonie-graphie (??)

méthodologie :
Pré et post-tests en conscience phonologique
Entretiens semi-dirigés pour recueillir le ressenti des enseignants participants
Enregistrement des interactions sur KP > améliorer l’ergonomie de l’outil, analyse de l’activité des apprenants
Enregistrement audio des séances : analyse de la prononciation des apprenants
Tests de lecture > mémorisation des associations phonèmes/couleurs/graphies + liens phonies graphie en anglais

Matériel en classe :
- tablettes (par petits groupes) en utilisation restrainte
- ordi portable pour l’enseignant
- un vidéo-projecteur
- enceintes audio pour faire entendre les mots, les sons
- oreillette bluetooth pour bien entendre le son de kinéphones
- connexion wifi nommade

Besoin d’une formation pour les enseignants. (méthode, outil, approche, manipulations…)
La formation s’est faite en contexte, par la manipulation en classe. (les enseignants n’étaient pas toujours au courant de ce qu’ils devaient faire (même s’ils avaient tout le descriptif à l’avance)

Activités :
Phase 1 : mémorisation des associations phonèmes/couleurs
- téléphone arabe
- dictée de phonèmes
- identification/discrimination de phonèmes
- construction de pseudomots
- chaîne de pseudomots
- lecture de rectangles en couleurs pour combiner les phonèmes
>>> utilisation de Kinéphones + jeu de cartes virtuel

Phase 2 : entrée dans la graphie
- activité métalinguistique autour du lexique écrit en lettres colorées (prendre conscience que des mots identiques n’ont pas les mêmes couleurs)
- lecture de mots et phrases en lettres colorées en groupe
- activités de compréhension : comprendre ce qu’on lit ? Faire le lien entre ce qu’on entend et le sens
- correspondance entre des suites de rectangles et pseudomots entendus ou écrits
- activités d’écriture de pseudomots : comment écrire un mot un mot entendu en lettres noires ? / comment écrire des mots entendus et lus en rectangles ?
- mots croisés
- lecture en noir et blanc et compréhension (très bon feedbacks des enseignants) (mais les apprenants sont bien habitués aux mots lus)

Problèmes constatés :
- bruit en classe (gros effectifs en classe, jeune public, travail de groupe) + tablette=jeu, excitation
→ niveau sonore peu favorable à l’écoute
- projection au tableau : rendu des couleurs différent sur l’écran d’ordi de l’enseignant, et sur les tablettes
- la distance des élèves du tableau (mauvaise perception des couleurs quand la distance est grande)
- différence de visibilité selon les dispositifs
- similitudes entre les couleurs (pas assez discriminables) + confusion entre voyelles et consonnes (rouge=/i/ ou /m/)

Confusions entre les couleurs même sur les tableaux papiers

Mais si les rectangles sont dans leur contexte spatial (trapèze etc.), ça va beaucoup mieux

- difficulté des enseignants pour manipuler les outils
- difficulté des enseignants à comprendre la méthode

CONCLUSION :

- Il faut créer un environnement favorable pour une approche multimodale en classe.
- Dimension Kiné à développer (visage de l’enseignant, manipulation de cartes) Mouvement de la bouche très important pour les apprenants + mimes divers (longueur du son etc.)
> Kinéphones doit venir aider l’enseignant pour qu’il ait plus confiance en lui. Ce n’est pas un substitut !
- peut-être ajouter un miroir pour voir les mouvements de sa propre bouche et comparer avec celle de l’enseignant
- la position spatiale des rectangles est très importante. Éviter de les mettre hors contexte.
- matériel et dispositif introduits => gros obstacles de manipulation et de compréhension.

DISCUSSION :

(17h10)

les couleurs telles quelles ne suffisent pas, il faut pouvoir les distinguer mieux que ça. → motifs, formes. Émilie donne quelques points sur les travaux de Yoann.

Aucune école n’a permis l’utilisation de l’API → trop compliqué
Alfonic, API : double codage → confusions orthographiques
Les enseignants utilisent souvent une partie de l’API seulement, que pour certains sons.

Observations : les apprenants ont mieux mémorisé les couleurs des sons qui leur posaient problème. (le reste est moins mémorisé)

Activité d’écriture de pseudomots : les enseignants sont-ils à l’aise avec ça ?
→ pas de problème constaté. Moins de pression pour les enseignants car ces mots n’existent pas.

Noreen : éloignée de la pédagogie SW (utilise seulement des outils SW)
Quelle progression ? : tenter de suivre la progression de l’apprentissage naturel en L1.
La prise de conscience phonologique est une étape essentielle de l’apprentissage SW et constitue une phase centrale.
Kinéphones = autoformation pour les enseignants qui souvent n’ont pas un bon niveau d’anglais.
Les enseignants acceptent le challenge, ils prononcent/parlent plus facilement.

Y a pas de SW si y a pas d’interaction entre l’enseignant et les apprenants.
→ neurones miroirs
Laisser qqu avec un oreillette devant un outil n’est pas la solution.

Document Joint : Document Joint :