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Séance gestualité et acquisition

 

Séance gestualité et acquisition
jeudi 27 novembre 2014, 17h30
salle D206, Univ. Stendhal

Le développement langagier et gestuel dans des langues Bantu et romanes :
Présentation du projet GESTLAND

Jean-Marc Colletta, Lidilem, Université Stendhal

La période récente a vu exploser les recherches intégrant la gestualité dans l’observation des conduites langagières enfantines comme dans des études plus expérimentales. Il y a au moins trois raisons à cet intérêt : 1. Les gestes constituent les principaux moyens de communication à la disposition du tout jeune enfant ; 2. le système gestuel continue à évoluer (formes et fonctions) tout au long de l’enfance au gré des acquisitions linguistiques et du développement social et cognitif ; 3. En compréhension comme en production, les gestes jouent un rôle clé aux étapes majeures des acquisitions linguistiques et lors de l’acquisition de nouvelles connaissances.
Le projet GESTLAND vise à éclairer le développement de la gestualité associée à la parole en se focalisant sur les gestes aux propriétés représentationnelles (représentation d’objets, actions, concepts) et sur trois volets : gestualité et acquisition du lexique chez le jeune enfant ; évolution de la gestualité représentationnelle au-delà de trois ans ; le développement gestuel dans des langues-cultures très contrastées. Je présenterai le premier volet, qui consiste à adapter un test d’évaluation précoce du lexique à plusieurs langues (Français, Zulu, South Sotho) et à étudier, dans le contexte de cette tâche, le rôle de la gestualité chez le jeune enfant âgé de 18 à 36 mois.

Référence spatiale dans l’interaction multimodale : Une étude inter-langues du développement de l’expression linguistique et gestuelle de l’espace
Elnaz Jalilian, Lidilem, Université Stendhal

Le geste et la parole sont produits ensemble en tant que composantes d’un plan global unique bien que chacun exprime des dimensions quelque peu différentes de la signification (McNeill, 2000), et c’est à travers l’analyse de ces dimensions que nous pouvons comprendre les relations entre le langage et la cognition dans l’interaction multimodale.
Les précédentes études expérimentales et comparatives sur la manière dont le geste et la parole expriment le mouvement ont abouti à l’hypothèse commune que lors de l’encodage d’un événement impliquant un déplacement, l’information gestuelle est plus susceptible d’être redondante à l’information verbale. Toutefois, l’information diffusée entre les deux modalités peut varier au cours du développement et des acquisitions linguistiques. Nous avons besoin de plus de données sur différentes langues ainsi que sur différents âges pour mieux comprendre quand et comment, dans le langage, se forme l’expression du mouvement.
Nous allons nous concentrer ici sur deux langues couramment parlées en Iran qui codent différemment le mouvement. Nous les avons étudiés dans le contexte du Persan (Farsi), une langue appartenant au groupe indo-iranien de la famille des langues indo-européennes, en comparaison avec la langue Azéri qui appartient au groupe des langues turques de la famille des langues altaïques. Nos premiers résultats montrent des modèles distincts dans les deux langues, et nous avons également constaté un effet significatif de l’âge.