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Séminaire Axe 2 (L. Metz, M. Candea & C. Trimaille) : 17h30 en salle C104

 

Lucie Metz (Lidilem)

Enseignement/Apprentissage à distance de la Langue des Signes Française (LSF) : vers la création d’un espace de mutualisation des réflexions sur et en LSF dédié aux enseignants

L’élaboration de Plat’In, plateforme pour l’enseignement/apprentissage à distance de la Langue des Signes Française ou LSF, fait suite à plusieurs constats : il existe peu voire pas de plateforme dédiée à l’enseignement/apprentissage d’une Langue des Signes ; il existe de nombreuses zones géographiques en France où l’apprentissage de la LSF n’est pas accessible ; il n’existe pas à ce jour de méthode pédagogique dédiée à l’enseignement de la LSF que pourrait utiliser les enseignants. De ce fait, les enseignants sont isolés tant d’un point de vue pédagogique que géographique.
Notre présentation sera consacrée aux prémisses méthodologiques effectuées en vue de la création de Plat’In et plus particulièrement sur un lieu important pour les enseignants : la « salle des professeurs » (lieu d’échanges formels et informels autour de l’enseignement).

Maria Candea (Univ. Paris 3 – CLESTHIA - EA 1483) & Cyril Trimaille (Lidilem)

Évolution et perception d’une variante non-standard : la palatalisation/affrication des occlusives dentales en français de France

La palatalisation et/ou l’affrication des consonnes dentales /t, d/ devant /i, y/ a été documentée par plusieurs études récentes qui leur attribuent le statut de marqueurs sociolinguistiques (p.ex. Jamin 2005). Ces variantes d’abord décrites comme caractéristiques de locuteurs de ‘classes populaires’ issus de l’immigration post-coloniale, ont par la suite été attestées dans des productions de locuteurs de classes moyennes (Devilla & Trimaille, 2010), et supérieures (Trimaille 2010). A la lumière de ces résultats, on peut formuler deux hypothèses. Selon la première, la palatalisation-affrication serait un changement en cours (d’en bas) et pourrait progressivement se diffuser en français de France. Selon la deuxième, ce marqueur demeurerait fortement associé aux jeunes descendants d’immigrés vivant en ‘banlieue’. Ces deux tendances opposées semblent à ce jour se manifester en parallèle, et l’étude de la perception pourrait, par conséquent, apporter des éclairages nouveaux sur la signification sociale et le devenir de ce phénomène.

Après avoir présenté les premiers résultats pour cette variante, notre intervention mettra en perspective ces résultats avec des questionnements similaires sur la perception du « e » prépausal (« bonjour-e ») et de l’épithèse fricative (« merci-chhh ») afin d’élargir la discussion à des questions de méthode de recueil et d’analyse de données sociophonétiques concernant la perception des prononciations émergentes ou instables.