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Délicortal : conférences d’Elena Donchenko et d’Elena Kouznetsova (Université d’Etat d’Astrakhan, Russie)

 

jeudi 7 juin 14h30-16h30, salle B106 (bâtiment Stendhal)

« Etude contrastive des phraséologismes exprimant l’intensité de l’action en français et en russe » (Elena Donchenko)

L’objectif principal de cette étude consiste à montrer comment les phraséologismes servent à exprimer l’intensité de l’action en français et en russe. L’analyse contrastive montre que la structure et le sémantisme de ces constructions sont différents dans ces deux langues. L’étude est fondée sur la classification des phraséologismes en groupes figés et semi-figés qui expriment différents degrés de l’intensité de l’action suivant l’interaction de leurs éléments au niveau grammatical, lexical et stylistique.
Par ailleurs, l’intensité de l’action est envisagée comme une catégorie sémantique basée sur l’interaction fonctionnelle des composants lexico-grammaticaux du contexte dont les phraséologismes occupent une place prépondérante. Le noyau sémantique de cette catégorie est présentés par trois sèmes correspondants à l’expression de la vitesse de l’action ( très vite), de sa caractéristique qualitative (très fort) et quantitative ( très nombreux). Comparé aux verbes (dévorer, briser, submerger) ou aux adverbes d’intensité (grandement, extrêmement, ardemment, rigoureusement, abondamment, fortement, promptement) qui font partie de la catégorie sémantique en question, ce sont les phraséologismes qui sont plus expressifs. On pourrait citer, à titre d’exemples, les collocations qui ont comme éléments constitutifs des verbes et des noms accompagnés de classifieurs et de modifieurs d’intensité :
V + d’un grand coup /gorgée : battre d’un grand coup, d’un coup sec, terrible, d’un coup de dent - одним махом, одним ударом ;
V + à grands coups, boire à grands coups, faire qch à coup sûr, наверняка, à pleines mains, à pleins poumons ;
V + Adj + N : donner un mauvais coup - натворить бед, donner un grand coup - нанести решающий удар, donner un coup de boutoir – мощный удар, faire un coup de Bourse – cделать удачную биржевую сделку, faire un coup de cachet – нанести смертельный удар, donner un coup de barre – нанести резкий, ошеломляющий удар, boire un coup - нахлебаться.
V + de tout son N : travailler de toutes ses forces, regarder de toute son attention, écouter de toutes ses oreilles ; faire d’une telle force – c такой силой ;
L’analyse contrastive des phraséologismes faite sur les corpus littéraires et les traductions de textes français en russe et à l’inverse, a permis de voir la différence de formes et de valeur d’intensité dans les langues à morphologie différente.


« Etude contrastive de la communication non verbale chez les Russes et les Français » (Elena Kouznetsova)

Chaque nation a sa propre culture, un système de signes, de symboles, de coutumes, etc. Ainsi, les normes et les règles de communication, ainsi que les gestes utilisés en Russie et en France peuvent faire l’objet de différentes recherches. La plupart des gestes français ne coïncident pas avec les gestes russes, ce qui peut conduire à un malentendu des interlocuteurs. D’où notre objectif d’étudier les caractéristiques des moyens non verbaux de la communication.
La communication non verbale est l’échange de messages non verbaux entre les personnes, ainsi que leur interprétation. Les messages non verbaux sont capables de transmettre des informations détaillées. Tout d’abord, il s’agit d’informations sur la personnalité du communicateur. Nous pouvons en apprendre davantage sur son tempérament, l’état émotionnel au moment de la communication, découvrir ses caractéristiques et qualités personnelles, compétence communicative, statut social, obtenir un aperçu de son visage, et l’estime de soi.
La nature et les formes d’expression des différents moyens de communication permettent de parler de différences essentielles entre communication verbale et non verbale. Les messages non verbaux sont synthétiques, ils peuvent être facilement décomposés en éléments séparés. Les messages non verbaux sont généralement involontaires et spontanés. Même si les gens veulent cacher leurs intentions, ils peuvent bien contrôler leur discours, mais le comportement non verbal ne donne presque pas de contrôle. Par conséquent, très souvent, dans la pratique de la communication réelle, il y a des erreurs dues à la généralisation basée sur une seule action non verbale.
Pour que la communication soit réussie, on doit comprendre non seulement les paroles de l’interlocuteur, mais aussi les moyens de communication non verbale - les expressions du visage, les gestes, la posture, l’utilisation de l’espace et d’autres signes, dont le rôle ne peut pas être sous-estimé. Selon les chercheurs, seulement 40% des informations sont transmises en utilisant des mots, le reste - par des moyens non verbaux ; lorsque la perception humaine à la première réunion de l’importance de ses paroles est seulement 7% des voix - 38%, l’apparence - 55%. Les signes de communication non verbale véhiculent donc une foule d’informations sur le locuteur : ses sentiments, les humeurs, les attitudes, etc.
Du fait que les signes de communication non verbale sont aussi culturellement spécifiques, les difficultés dans la communication interculturelle peuvent être source de malentendus et même de conflits. Le comportement non verbal comprend :
- Le comportement proximal (utilisation de l’espace dans le processus de communication) ;
- Le comportement kinésique (gestes spécifiques et fréquence d’utilisation, expressions faciales, postures, mouvements corporels)
- Le comportement tactile (possibilité de toucher et de gestes tactiles)
- Les caractéristiques paraverbales (rythme de la parole, volume sonore, tonalité, admissibilité et longueur des pauses, admissibilité et rôle du silence, etc.).
Nous examinerons ces catégories à travers des exemples issus d’ouvrages et de dictionnaires français et russes.