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La Méthodologie de collecte des données en Français sur Objectif Spécifique

 

22 mars 2013 / Université Lumière Lyon 2

Le Français sur Objectif Spécifique (FOS) se caractérise pour les concepteurs de programmes par le traitement de contextes nouveaux ne relevant pas de ce vécu quotidien partagé par tous et qui est l’objet essentiel des méthodes de français général. Les besoins de formation en FOS touchent des domaines professionnels, dans lesquels circulent des savoirs et sont à l’œuvre des savoir-faire spécifiques aux membres de la profession et largement inconnus de l’ensemble des locuteurs.
La première étape du travail de conception en FOS consiste à se familiariser avec le milieu cible pour en découvrir l’organisation, les fonctions, les acteurs et les discours, en d’autres termes à collecter un ensemble de données sur lesquelles s’appuiera l’élaboration du programme de formation.
La collecte des données remplit globalement deux fonctions : elle informe le concepteur sur le champ à traiter, et fournit des supports de séquences pédagogiques.
La réflexion proposée dans cette journée d’étude s’articule autour de différentes dimensions : - La dimension institutionnelle : la première étape consiste à créer des liens avec les acteurs du champ professionnel ou universitaire demandeur, à expliquer la démarche FOS, et définir avec eux le rôle qu’ils sont amenés à jouer dans la construction du programme par le biais des données qu’ils peuvent fournir.

  • La dimension contextuelle : les situations orales professionnelles offrent une gamme très élargie de relations entre discours et action. Le cours magistral d’un universitaire devant un amphithéâtre d’étudiants en droit offre un exemple de communication dans lequel la composante langagière occupe la place essentielle. Les échanges entre un médecin et son patient lors d’une consultation médicale font intervenir de manière déjà plus marquée la combinaison entre geste et parole. Ce qui se passe sur un chantier de construction figure à l’autre bout de cette chaîne : l’espace, le temps, les gestes et les objets de l’action professionnelle structurent les discours de manière fondamentale au point qu’il n’est pas possible de les en dissocier. Cette diversité de situations impacte fortement les procédures de recueil de données.
  • La dimension méthodologique : il s’agit ensuite de déterminer quelles données seront constituées. « Constituées » et non seulement « recueillies » parce que tout ce qui est visible, observable, dans le champ étudié vit et prend son sens à partir de fonctionnements institutionnels et culturels qui, eux, relèvent de connaissances partagées implicites, et non observables. Les données visibles, existantes, doivent donc être complétées par des données d’explicitation, sous forme d’entretiens auprès des acteurs professionnels, données sollicitées qui participeront à l’élaboration des supports de formation.
  • La dimension technique : le recueil des données est exigeant sur le plan technique en ce qui concerne la captation des situations et des discours en action. Si les espaces clos comme des bureaux ou des amphithéâtres d’université offrent des conditions d’enregistrement relativement aisées, il en va tout autrement des espaces ouverts tels que les chantiers, où les actions sont à l’oeuvre simultanément dans des lieux dispersés. La dispersion de la parole est d’ailleurs une difficulté importante y compris dans les espaces clos : s’il est aisé d’enregistrer la parole d’un enseignant en cours magistral, il s’avère plus difficile d’enregistrer des travaux dirigés. Tout cela exige des moyens matériels et des compétences techniques importantes. Certaines institutions les offrent, d’autres non.
  • La dimension déontologique et juridique : nombre de situations professionnelles exigent la confidentialité. Par ailleurs, tout enregistrement vidéo est encadré par le droit à l’image. Ce sont autant d’éléments qui contraignent la collecte des données, exigeant une capacité de négociation avec les acteurs du milieu, et d’adaptation quand les données recherchées ne sont pas directement accessibles.

La collecte des données est une étape déterminante dans la problématique du FOS. Les exigences de la démarche justifient une solide réflexion méthodologique qui sera abordée sous ses différents aspects lors de cette journée d’étude, à travers 5 communications-discussions.

Programme

9h / 9h15 Accueil des participants
9h15 / 10h Session d’ouverture
Les degrés de combinaison entre langage et action : impacts sur la collecte des données
Chantal Parpette (Université Lumière-Lyon 2)
10h / 11h15 Session 1
Les stratégies de collecte des données : aspects institutionnels et déontologiques
Catherine Carras (Université Stendhal-Grenoble 3), Solange Talavera- Goy (Université Claude Bernard-Lyon 1), Patricia Kohler (Université de Fribourg)
11h15/ 11h30 Pause café
11h30 /12h15 Session 2
La dimension technique de la collecte de données
Jean-Marc Mangiante (Université d’Artois)
12h15 / 13h45 Déjeuner
14h /15h Session 3
Typologie des données en didactique du FOS
Laura Abou Haidar (Université Stendhal Grenoble 3), Julie Stauber (Université Lumière-Lyon 2)
15h /15h45 Session 4
Des données aux supports de formation FOS
Dominique Frin (CCIP)
15h45 /16h Pause café
16h /17h Session de clôture
Robert Bouchard (Professeur émérite, Université Lumière-Lyon 2) + débat

Lieu

Université Lumière Lyon 2
Amphithéâtre Jaboulay
86 rue pasteur
69007 LYON

Modalités de participation

Inscription gratuite mais obligatoire, à l’adresse suivante :
jefos2013@gmail.com

Comité d’organisation

Laura Abou Haidar – Université Stendhal Grenoble 3 / LIDILEM
Catherine Carras – Université Stendhal Grenoble 3 / LIDILEM
Chantal Parpette – Université Lumière Lyon 2 / ICAR

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